21 mar 2015
mars 21, 2015

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Titre du dernier livre publié par Claude Halmos ,
sous-titré « Faire face à la crise et résister. »
Ed Fayard – 2014

Dans cet ouvrage, que je vous recommande, Claude Halmos, crie sa rage, son malaise de voir la manière dont les effets de la  crise sont passés sous silence.
Dans une première partie de son livre, Claude Halmos décrit les différentes étapes du développement individuel et de socialisation de l’enfant . Indiquant comment, les conséquences de la crise sont encore plus dommageables lorsque l’enfant n’a pas été bien « construit », « armé » durant sa croissance .
Ensuite, elle nous explique les effets pervers résultant du fait que tout est présenté, comme s’il s’agissait de problèmes et de difficultés individuels … niant ainsi le fait qu’il s’agit d’un problème collectif, de société.
Un peu comme si, dans un état de guerre, on faisait croire que les problèmes sont des problèmes individuels, que chacun qui le veut vraiment pourrait résoudre.
« Si vous faites ce qu’il faut, si vous le voulez vraiment, vous pouvez trouver un travail, vous pouvez éviter d’être licencié, vous pouvez en sortir financièrement, vous pouvez être heureux, vous pouvez réaliser vos rêves… et si vous n’y arrivez pas, c’est que vous avez un problème » -> bonjour la culpabilisation , la honte, le « il n’y a qu’à » « 

Quelques titres et sous-titres donnent le ton :
les exclus de l’espoir , le poison du doute, la vie « au point mort », c’est ça ou rien, le chômage mise à mort sociale, le poids d’un mot, le choc de la réalité : « licencié », fin des droits : le temps du désespoir, que perd-on quand on perd son emploi ?, la culpabilité, le sentiment de honte, la vie peau de chagrin, la peur de la pauvreté …

Loin d’être décourageant, le livre de Claude Halmos est  une invitation à ouvrir les yeux, à sortir de l’individualisme, à se révolter, à cesser de se taire (parce que ce n’est pas -encore- nous qui sommes atteints), à lutter parce que ce qui se passe influence durablement et gravement la génération qui suit.

Enfin, elle manifeste clairement son indignation contre le silence des politiques, de la presse mais  aussi des psy.
En rappelant que travailler au niveau individuel ne peut se faire en niant les aspects sociétaux.

Et termine en se révoltant contre la « religion » du Bonheur » :
La religion du bonheur n’est pas du côté de la souffrance, mais elle se vend . Et elle se vend bien. Parce que l’illusion c’est toujours de tout temps, bien vendue. On s’arrache les modes d’emploi du bonheur, comme on s’arrache les régimes miracles. »

En entreprises :
« Les missionnaires de la bienveillance comme ceux de la bien traitance ignorent la violence dont peuvent être porteur les « bons sentiments » quand ils nient de fait (en ne les prenant pas prioritairement en charge) les souffrances de ceux qu’ils prétendent aider »

Claude Halmos est une psychanalyste française auteure de nombreux livres.
Parmi ceux-ci je me permets de vous recommander :
Grandir, les étapes de la construction de l’enfant
L’autorité expliquée aux parents